vendredi 12 novembre 2010

Nanodialogue

Me voici au matin d'une journée qui pourrait finir à 50K, ou pas. Tout dépendra de mon inspiration. Et quand je n'ai pas beaucoup d'inspiration, j'écris des dialogues, plein. Petit exemple avant de retourner au turbin :

- Là où je te rejoins sur l'absurdité de la chose, nota Morad, c'est qu'elles n'avaient définitivement pas intérêt à faire tout ce que ces livres décrivent. C'était le bûcher assuré pour elles, ou en tout cas une populace en colère avec des fourches. À tous les coups, elles sont perdantes, et elles ne gagnent rien, comme si les actes étaient une fin en soi, le mal pour le mal.

- C'est vrai que c'est quand même très étrange, ça. Je me demande si quelqu'un s'est déjà posé la question.
- Je peux te dire que oui, répondit Morad. Il y a des théories chez les Limiers, des rumeurs, mais si les gens se demandent le pourquoi du comment, ce n'est pas pour autant qu'ils mettent en doute la véracité de ces histoires.
- Quelque chose du genre « elles l'ont fait, elles devaient bien avoir une raison, mais je ne vois pas laquelle » ?
- Quelque chose de ce genre-là en effet. Chez nous, on évoque de la pure méchanceté, même si les Limiers sont bien placés pour savoir que c'est très rare dans la vraie vie, les gens « méchants ». On n'est pas dans un conte de fée, souvent les gens ont une raison pour leurs actions, un mode de pensée dans lequel ils sont le « gentil » et où ils ne font, le plus souvent, que se défendre contre ce qu'ils considèrent comme une agression.
- Je ne sais pas si je comprends bien ce mode de pensée, en fait.
- Eh bien, par exemple, si tu pensais que je cherchais à te piéger et à te faire arrêter comme sorcière, peut-être parce que tu aurais mal interprété quelque chose que j'aurais dit...
- Il aurait vraiment fallu chercher loin pour en arriver à ce genre de conclusion, répondit Vanéa sans pouvoir réprimer complètement un frisson à cette idée – c’était trop proche de ses propres craintes pour son confort.
- Je suis d'accord avec toi, mais certaines personnes sont juste paranoïaques, tu sais. Enfin bref, tu aurais pu supposer cela et essayer de me tuer pour éviter que je te fasse du mal en premier. C'est le genre de choses que je vois souvent. Le pire dans l'histoire, c'est que parfois, les gens se sont vraiment défendus d'une agression. Pour le coup, c'est toujours difficile de comprendre ce qui passe dans la tête de quelqu'un quand il se transforme en meurtrier, mais en tout cas, ce n'est jamais un truc du genre « je vais le tuer pour le plaisir de faire du mal », ou alors dans de très rares cas de psychopathie – et encore, tu veux que je te dise, même eux ont souvent une forme de justification dans leur mode de pensée un peu tordu.
- Tu as déjà tué quelqu'un ?

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