mardi 13 décembre 2011

Tu feras Princesse ou Boniche (ou les deux)

Ah, les catalogues de jouets qui sortent à Noël, et qui font tant rêver les enfants devant leurs jouets chamarrés !
Eh bien, quand on rouvre un de ces catalogues une fois adulte, c’est la douche froide. Je sais bien que je ne suis pas la première (et probablement pas la dernière) à faire ce genre de constatation et d’analyse, mais visiblement il faut encore insister pour que le message passe.

Je m’intéresse ici au catalogue d’une grande enseigne spécialisée dans le jouet, que je ne citerai pas pour éviter de leur faire de la pub, mais le concept est valable à peu près pour tout le monde de toute façon.
Au début, ça va. Ce sont les jouets pour tous petits, les couleurs sont vives et bariolées pour intéresser les enfants. On notera juste la page des doudous. Là, on a trois choix : le bleu pour les garçons, le rose pour les filles, et au milieu la version orange pour les parents (chiants) qui refusent de se conformer à un code couleur.
Et puis, c’est le drame. Les pages deviennent roses, les jouets aussi, c’est l’agression. Le thème ? Des bébés qui font pipi et caca et pleurent pour de vrai. Des poupées barbies « fashionistas jet set » (encore plus maigres que les barbies normales). Des déguisements de princesse et aussi de princesse. Sinon y a des robes de princesse. Du maquillage. Et, bien entendu, le fer à repasser en plastique rose fuchsia. L’aspirateur, la cuisinière, le chariot à ménage assorti. Le stand de la marchande, mais aussi le caddie pour apprendre à faire les courses comme maman. Les petites filles sur les photos sont ravies, elles ont de larges sourires. Tu as compris ? Tu seras Princesse ou Boniche, plus tard. Apprends ta place, et apprends-la tôt.
Changement de couleur. Le fond devient bleu. Vous l’aurez compris, ce sont les pages « garçons ». Première page, des poupons. Des poupons sur fond bleu, me direz-vous ? Mais voilà qui est progressiste ! Mais non, car ce sont des poupons pour jouer au docteur, des bébés malades avec tout l’attirail pour les soigner. Quand le fond était rose, les accessoires étaient des couches et des biberons. Maintenant, ce sont stéthoscopes et seringues qui accompagnent les bébés. On ne torche plus les morpions ; on les soigne. Et ensuite, on rentre dans le vif du sujet. Des camions, des circuits de voiture, des armes, le tout hyper réaliste là où l’univers « fille » était rond et stylisé. Les déguisements ? Policier, astronaute, super-héro, pompier, chevalier en armure (pour aller sauver la gourde dans sa robe de princesse), pirate, cow-boy, indien, Darth Vader… Des rôles actifs, et surtout des rôles variés, du choix.

Et pour finir ? Une double page avec des voitures électriques. Celle-là, elle m’a tuée. Sur trois pages, 8 modèles avec des enfants au volant. Sur ces 8 modèles, 7 sont réalistes, et ils sont tous conduits par des petits garçons (dans 2 cas avec une fille à la place du passager). Le 8ème est rond et violet avec des rétroviseurs rose fuchsia, et celui-ci est bien entendu conduit par une petite fille.

Alors attention. Je suis une femme, j’aime le rose, je me maquille et je me fais les ongles. Je ne dis pas qu’il ne faut pas se pomponner ou que les petites filles devraient être privées de barbies pour la cause féministe. Mais ce qui me dérange dans ce genre de catalogue, c’est la notion de choix. Les petits garçons sont encouragés à varier les expériences et à avoir des rôles actifs et qui les amènent à l’extérieur ; on leur propose des jouets qui les poussent à rêver et à se projeter dans une vie d’adulte pour le moins enrichissante (astronaute par exemple). En revanche, on propose aux petites filles de se faire belles, de se déguiser en princesse, et de rester à l’intérieur pour s’occuper des gosses, de la bouffe et du ménage. Et c’est tout.
Si elles avaient plus d’options, je ne râlerai pas autant. Mais là, la différence est flagrante, et ça me dérange profondément. Et qui a eu l’idée saugrenue qu’un fer à repasser ou qu’un aspirateur pouvait devenir un jouet ?! Là on est carrément dans le surréaliste (avertissement sans frais : celui qui offre ce genre de truc à ma fille, si j’en ai une un jour, se le prendra à travers la gueule).

Pour moi, le féminisme c’est la possibilité pour une femme de choisir ce qu’elle veut pour sa vie. Mais avec ce genre de formatage, dès la plus tendre enfance, ce choix est forcément biaisé, aussi bien pour la femme elle-même que pour la compréhension de ce choix par les hommes qui l’entourent. Si on inculque à nos jeunes générations, et de manière aussi insidieuse, ces constructions mentales (qui conduit la voiture, par exemple), on pourra faire toutes les lois sur l’égalité homme / femme qu’on voudra, mais le résultat restera limité. Parce que quelque part, une femme qui dit « mon mari m’aide beaucoup pour les tâches ménagères », c’est qu’elle s’en est quand même attribué la responsabilité. Or, dans un couple où les deux travaillent, je ne vois aucune raison pour laquelle la femme devrait être « responsable » des travaux ménagers et l’homme une « aide » qu’elle devrait diriger.
Faire des choix, c’est important. Pouvoir les faire librement, sans être prisonnière de « le rose c’est pour les filles et le bleu pour les garçons », ça l’est encore plus. Mais franchement, ça ne paraît pas gagné.

jeudi 8 décembre 2011

La récompense (2)

Parce qu'il n'y a pas qu'un nouveau Stephen King qui est sorti pendant le NaNo. Il y a aussi un nouveau Terry Pratchett. Et encore mieux que ça : un nouveau Pratchett sur Sam Vimes. Il faut savoir que sur l'ensemble des Discworld, ce sont ceux qui concernent la Guarde d'Ankh-Morpork que je préfère, et que les personnages de Vimes, son épouse Sybil, et tous ceux qui gravitent dans ces romans (le moindre n'étant pas Lord Vetinari, que j'adore) me font toujours passer un bon moment.

Alors je ne pouvais pas rater Snuff. Snuff, cela veut dire "tabac à priser" en anglais, ou "moucher une bougie". Dans le cas qui nous intéresse, c'est la traduction sur le tabac qui est à privilégier. Nous y suivons la famille Vimes, Sam, Sybil et leur fils, partis en vacances à la campagne dans une de leurs propriétés. Ceux qui connaissent le personnage voient déjà au moins trois éléments extrêmement déplaisants pour celui-ci : les vacances, la campagne, et le fait d'être propriétaire d'un morceau d'icelle. Mais Sam Vimes n'est jamais vraiment en vacances, et à force de chercher un crime pour donner libre cours à ses instincts de policier, il finira par en trouver un, et en faisant son enquête, il trouvera bien plus. De là à dire qu'il préférerait presque les vacances... Non, pas vraiment.

Alors donc, qu'en ai-je pensé ? Eh bien c'est un Pratchett, un roman du Discworld, et un Vimes. Ceux qui se plaignaient qu'il ne se renouvelle plus beaucoup ne changeront pas d'avis en lisant ce roman. Comme je n'en fais pas partie - c'est vrai que ça ne se renouvelle plus des masses, mais je ne m'en plains pas - j'ai passé un bon moment de lecture. L'humour de Pratchett me parle, et c'est toujours plaisant de faire un tour dans ce monde. Vimes, sorti de sa ville chérie, donne de la campagne une vision très particulière et amusante. La manière particulière qu'a son fils de voir le monde donne lieu à quelques scènes savoureuses. Et l'introduction d'une nouvelle race, les gobelins, que l'on ne voyait jusqu'ici que de loin en loin, ajoute une nouvelle dimension au Discworld.

En résumé, un bon moment, mais surtout pour ceux qui ont déjà quelques Discworld à leur actif, et notamment Thud, qui donne des informations utiles.

lundi 5 décembre 2011

La récompense

Il me faisait de l'oeil depuis des semaines, mais je faisais le NaNo. Le tout dernier Stephen King.

Il en sort un par an, deux les années fastes (Wind Through the Keyhole sortira en mars 2012 semble-t-il), et je l'attends à chaque fois avec impatience. Je n'ai même pas pu attendre le 1er décembre pour l'attaquer : j'ai mené en parallèle la fin de mon NaNo et la lecture de la pavasse.

Ah oui, parce que comme souvent avec King, c'est une pavasse. Plus de 700 pages, format peu pratique pour les transports, le trimbaler partout demande une certaine motivation. Mais, là encore comme souvent avec King, l'acharnement est récompensé.

Alors, que nous raconte 11/22/63 ? Les férus d'histoire (et ceux qui savent lire une couverture) auront reconnu la date comme celle de l'assassinat du président Kennedy (probablement) par Lee Harvey Oswald. Stephen King est donc parti dans un de ses délires "et si" qu'on aime tant, celui-ci étant bien sûr "et si l'on pouvait revenir dans le passé et empêcher l'assassinat de JFK ?".

En l'occurrence, Jake Epping se trouve face à un "trou de lapin" ("rabbit hole" comme il l'appelle pendant tout le roman) qui le ramène en septembre 1958, toujours le même jour. S'il modifie quelque chose dans le passé et ré-emprunte le passage, il peut en voir les conséquences dans le présente. S'il repart, il se produit un "reset" et il revient au même jour de 1958, encore et toujours.

Ce sont donc les aventures de Jake Epping dans le pays d'Autrefois ("Land of Ago") que nous propose de suivre Mr King, et il nous embarque dans cette autre époque qui semble être un autre monde. Au risque de passer pour la fan-girl de base (genre, ce n'est pas encore le cas ?), je me suis une fois de plus régalée, et je ne peux que vous le conseiller. Il y a de la recherche dans ce roman, et l'écriture de King ne laisse aucun répit au lecteur. Je ne connais pas beaucoup d'autres auteurs qui sont capables de vous raconter la vie de quelqu'un pendant 5 ans sans que ce soit ennuyeux à un moment donné, et là ce ne l'est pas.

Vivement Wind Through the Keyhole, qui en plus d'être un King, revient sur l'univers de la Tour Sombre. Que demande le peuple ?

jeudi 1 décembre 2011

Nano 2011 : fini & gagné !

Nous sommes le 1er décembre, et le NaNoWriMo s'est terminé hier soir. Petit bilan de cette année :

- Décompte final 70743 mots, en anglais, soit plus de 100 pages en times 12.
- L'histoire est finie, quoique sacrément bâclée sur la fin, mais au moins j'ai une outline et je pourrai retravailler dans quelques temps en remplissant les trous, sans avoir à inventer davantage.
- Je me suis ruinée le dos, car écrire sur un ultra-portable avec un tout petit clavier n'a jamais été la meilleure idée du monde. Quelque part, c'est la faute du chat qui a mangé le cable d'alimentation de mon PC portable au mois de juin.
- Les chats, c'est sympa pendant un Nano. J'en avais presque tout le temps un qui me tenait chaud aux jambes, au torse ou à la nuque pendant que j'écrivais.
- Je ne peux plus voir mon histoire en peinture. C'est un classique pour moi, donc je ne m'inquiète pas, je vais ranger la chose dans un tiroir et j'y reviendrai plus tard. Beaucoup plus tard.

D'ailleurs, je pense qu'après un peu de repos il sera temps de ressortir le Nano de 2008. Je devrais pouvoir, maintenant, le regarder avec un minimum d'objectivité...

samedi 26 novembre 2011

Nano 2011 : 60k

Et on continue ! Bon, ça devient compliqué. Je ne sais pas où va cette histoire, mais elle y va. Il ne me reste que 3 jours pour boucler la chose, et je pense que je vais simplement bourriner un grand coup et je reviendrai dessus... plus tard.
Place à l'extrait !

Afterwards, we came back to his place and talked, and he taught me vampire politics and the names of all those of importance in his world, their relations and rivalries. I had a knack for it, for politics and that kind of stuff, and I had never known that before. It was nice to find myself a talent like that, and it was even nicer to be able to memorize the wealth of information I was being offered. Far from the first days and the sullen, rude way he had treated me, he seemed to appreciate the fact to pass on his knowledge, thus proving to me his explanation about the need for another vampire to do it was not just an empty argument. He really enjoyed it, and it seemed to scratch an itch, as he got more and more relaxed as the days passed.
Also, I was reacting well to my blood cure, and getting little improvements along the way. A feeling for human thoughts came first. Not so much a mind reading ability as a feel for a state of mind : anxious, happy, sad... you named it, I could feel it. It was not very useful, but still, anything I could get was good, especially after my frustrating beginnings as a vampire. Now I felt like a real undead person, with real cool abilities.

Luc told me also about stuff I could not really test for now: resistance to mind manipulation form other older vampires – I was immune to his own, as his child, so we could not check if it worked – that could come in handy. Stronger skin, more difficult to break for silver weapons. My very own brand of mental manipulation on vampires, courtesy of an old and powerful maker, as most vampires should wait for centuries before that particular one kicked in. Also, he would not really go into detail, but I had the impression of a potentially lethal ability that could manifest under stress or even duress. No way to make Luc speak out on this one, but I was wondering if that was not the key to his strange ascension, this unknown ability I may or may have not inherited through his blood.

dimanche 20 novembre 2011

Nano 2011 : 50k !

Eh bien la barre fatidique est dépassée ! Juste joie.
Le roman n'est pas fini, et du coup je ne m'arrête pas trop longtemps, mais pour la peine, hop hop un nouvel extrait !

I woke up to find Luc sitting on the edge of my bed. I was up on the other side of the bed in a thought, without having consciously decided to move, startling him. But then he laughed, a rich and warm laugh, the first time I heard him or even saw him smile.

“I have been told I was scary in my life”, he said, “but your reaction tops everything.
— I wake up and I see your face above mine, I freak out”, I answered, taken aback.
“Yeah, well, I should be used by now to your overreacting !” he answered, and I was reduced to sputtering, which only seemed to amuse him more. “By the way”, he added, “you look good.”

That stopped me mid-sputter, and I all but ran to the bathroom. He was right. My grey skin was still very pale, but it was an almost healthy white, as if I had not seen the sun in quite some time but was still alive. I touched my cheek, gingerly. I would just have to add a touch of blush and I would get rosy cheeks and look as if I ran in the snow. Nothing like the thick layer of foundation I had had to use to look even remotely alive until now ! Oh gosh I looked good, for real ! I even let a quite undignified squeak in my joy, but Luc did not dare laughing at me for that. I probably would have tore a strip out of him if he had.

vendredi 18 novembre 2011

Nano extrait 4 : dialogue

Je continue à agoniser sur mon canapé, victime depuis une semaine d'une crève qui traîne, qui traîne, et qui empire de jour en jour. J'en suis à deux visites chez le médecin, et là on a sorti l'artillerie lourde : les corticoïdes. Du coup, je peux de nouveau respirer par le nez (grande première depuis 5 jours, on en sous-estime l'importance) et écrire redevient gérable. Pas évident, mais gérable.

Les 40k sont passés, et je vise la barre des 50 quelque part entre dimanche et lundi. Ce qui ne veut pas dire que le roman sera fini, bien évidemment : d'expérience, je suis le genre à sortir des monstres de 60 à 90K. Cela me laisse de la marge pour en virer la moitié à la relecture.

Un petit dialogue pour l'extrait du jour. Mon héroïne vient de passer plusieurs mois à se dépétrer avec son vampirisme, et soudain son créateur apparaît et décide (enfin) de l'éduquer comme il se doit. Autant dire qu'elle ne le prend pas très bien.


“So what now ?” I started, not wanting to leave him the initiative. “What exactly is this about ?
— I made you”, he said as if that made perfect sense. “I’m supposed to look after you.
— Oh yeah, right! Just as you did these past five months ? I can look after myself all right, thank you so very much !
— I made you”, he repeated. “The law is clear, I must look after you.
— And you did such a great job obeying it !
— I could not stay with you at the time, but now I can help and train you.
— Oh, now that it is convenient, you come to me ? You know what ? It was before that I needed help. When I woke up like this !” I was almost seething with rage, and his placid expression did nothing to help. “Not now, when I have it figured out !
— Oh, you have, have you ?” he asked with a half smile. “Yeah, that’s what I thought when I followed you the other night. Totally figured it out.
— And how it that even remotely your problem ?” I answered, not even the least embarrassed that he followed me on one of my hunts of a middle-aged clubber with a fat wallet.